#Café–Starbucks ? Meo? Nespresso ?: “Disaster -if not Death – is in the cup …”

Meo ?

Nespresso ?

Starbucks ?

we investigate Coffee and what is NOT coffee and is sold as such –see names above 🙂

http://www.meo.fr/index.php/default/cafe.html

* Nous rappelons que:

we remind our readers that:

Death is in the Pot

Treatise on the Adulterations of Foods

 is the Title of a Famous book by F. Accum

written in the 19th C.—which was a warning against food additives and helped enforced hygiene Laws and Regulations.
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Origine et extension de la culture

Cité dans certains écrits dès le 9e siècle, il est cité par Avicenne, célèbre médecin et philosophe qui dans le Canon de la médecine décrit les effets du café sur le système digestif.

La plupart des auteurs mentionnent l’Ethiopie comme lieu d’origine du café et premier lieu de consommation du breuvage que l’on en tire. `Abd al-Qâdir al-Jazîrî (vers 1558), indique que le café apparut d’abord dans le pays des Abyssins, mais que la date de son premier usage est inconnue. Le même auteur ajoute que le cheikh, adh-Dhabhânî se rendit en Ethiopie : ” Là il trouva des gens utilisant le qahwa, dont il ignorait les caractéristiques. Après qu’il fut retourné à Aden il tomba malade, et, se rappelant le qahwa, il en but et s’en trouva bien. Il constata, entre autres propriétés, que le café chassait la fatigue et la léthargie, et apportait au corps vivacité et vigueur “. La mort d’adh-Dhabhânî ayant eu lieu en 1470, ce serait donc vers le milieu du 15e siècle que le café aurait été apporté au Yémen.

O café, tu dissipes tous les soucis. Tu es la boisson préférée des sages…
Ton arôme humilie celui du musc. Tu as la couleur de l’encre dans laquelle le lettré trempe son qalame…
Comme des moineaux apercevant un faucon, tous les chagrins s’enfuient devant une tasse de café.
Il n’y a pas longtemps qu’une vallée du Yémen l’a vu naître…
C’est la boisson des fils du Seigneur. C’est la source de la santé. C’est le torrent qui emporte nos peines. C’est le feu qui consume notre tristesse…

La boisson délicieuse. Sa couleur est le cachet qui répond de sa pureté. Prends beaucoup de café mon frère, et n’écoute pas les insensés qui le condamnent sans motif”1.

Ainsi al-Hanbalî célèbre-t-il ce produit nouveau, apparu au Yémen et devenu en quelques décennies un produit de grande consommation, d’abord dans le Proche-Orient puis en Europe. Pour l’Egypte qui a réussi à s’assurer le rôle de transitaire, le café va jouer un rôle décisif durant les 17e et 18e siècles à un moment où le traditionnel trafic des épices entre dans une phase de déclin progressif. La découverte, par les Européens, de la route directe vers les Indes, en leur donnant un accès direct aux régions de production, affecte à terme les activités commerciales qui depuis l’Antiquité ont enrichi les grands centres du Proche-Orient, mais le café du Yémen constitue un produit de remplacement pour le grand commerce égyptien.

Dans les dernières années du 18e siècle, les trente mille charges de café qui sont importées du Yémen valent plus de 250 millions de paras, soit près du tiers du total des importations de l’Egypte. Ce café est ensuite en partie consommé sur place, mais aussi, pour une large part, réexporté vers l’Europe, dont l’Egypte est le principal fournisseur, et vers les provinces de l’Empire ottoman et surtout Istanbul ; le café y est devenu une denrée de première nécessité dont la pénurie aurait provoqué des troubles intérieurs : aussi le gouvernement ottoman veille-t-il à ce que l’Egypte assure un approvisionnement suffisant pour la consommation de la capitale, au besoin en interdisant les sorties de cette précieuse denrée vers les pays européens.

Chronologiquement, c’est par des tentatives des Européens pour s’introduire directement sur le marché de production du Yémen que le renversement des courants commerciaux traditionnels commence. Dans les premières années du 18e siècle, les grandes puissances maritimes européennes s’efforcent d’aller acquérir le café directement sur les marchés du Yémen pour briser le monopole dont jouit l’Egypte et qui, en raison des exigences d’Istanbul, a souvent pour conséquence une interdiction d’exporter le précieux produit vers l’Occident. Les Hollandais établissent un comptoir à Mokha où ils envoient, chaque année, de Batavia, un vaisseau de 700 tonneaux pour charger du café et d’autres marchandises de l’Arabie. Les Anglais, de leur côté, envoient également des navires au Yémen et ils disposent, avant 1720, d’une ” factory ” appartenant à la Compagnie des Indes et dont les archives de la Compagnie montrent l’activité entre 1720 et 1740. Les Français ne sont pas en reste:
en 1709 la compagnie des négociants de Saint-Malo envoie trois navires au Yémen et ils rapportent 5 300 charges de café, mais au terme d’un voyage qui durera deux ans. Le voyageur français La Roque, qui est à Mokha en 1709, décrit avec précision le commerce du café traditionnel : c’est à ” Betelfaguy ” (Bayt al-Faqîh) écrit-il, à trente cinq lieues de Mokha ” que se font les achats de café pour toute la Turquie ; les marchands d’Egypte et ceux de Turquie y viennent pour ce sujet ” ; il est chargé sur de petits bâtiments qui le portent à Djeddah où il passe sur des navires à destination de Suez. Il décrit à Mokha le comptoir hollandais, évoque un navire anglais mouillé dans le port et la visite de trois navires français. Pour garder le monopole, les Arabes ébouillantent les grains avant de les laisser embarquer pour empêcher toute germination et donc toute tentative de plantation ultérieure. Les Européens vont multiplier les ruses, l’espionnage et le vol pour détourner la vigilance des Arabes et voler les grains si ardemment convoités. Les marins hollandais introduisent les premiers plants de caféier, originaires de Mokha, d’abord à Ceylan (1658) et en Inde (où un pèlerin Baba Budan a déjà planté du café sur la côte de Malabar après avoir ramené sept cerises à Chikmagallur), puis dans toutes les colonies hollandaises d’Asie vers 1690. Ils rapportent alors des plants de l’île de Java vers l’Europe. Le caféier sera cultivé dans les serres du jardin botanique d’Amsterdam, en particulier. Des plants seront offerts à Louis XIV qui les confiera aux botanistes du Jardin du roi, l’actuel jardin des Plantes. De là, le caféier sera introduit dans les colonies antillaises où la France s’approvisionnera librement.

En effet, en 1720, Gabriel de Clieu est autorisé à revenir dans son île de la Martinique avec deux des quatre plants d’Amsterdam. Après un voyage épouvantable, un seul plant arrive à destination, mais l’essentiel est préservé. Dix-huit mois plus tard, un kilo de cerises est récolté, puis replanté dans les îles françaises de la Guadeloupe et de Saint Domingue. Le café des Colonies Antillaises sera consommé en France dès 1736. En 1780 avec 40 000 tonnes annuelles, Saint Domingue fait alors figure de premier producteur mondial.

Bientôt de Cuba à Haïti, en passant par la Dominique et la Jamaïque, où les Anglais plantent en 1730, ce qui sera considéré comme le meilleur café du monde, ce sont toutes les Caraïbes qui sont envahies par le café. La culture du café se diffusera ensuite dans toute l’Amérique latine. En 1727, un jeune officier portugais Palheta se voit refuser quelques grains de café, mais la femme du gouverneur de la Guyane française qu’il courtise lui glisse quelques cerises dans sa poche. C’est ainsi que l’on pourrait dire que le Brésil doit sa place de leader mondial du café autant à la légèreté d’une femme qu’à un grain de café français. Mais ce serait sans parler de l’esclavage que le Brésil, devenu indépendant en 1822, attendra 1888 pour abolir. La demande de café est telle dès le 18e siècle que toutes les colonies ont recours à la traite des Noirs et qu’aux Antilles et en Amérique du Sud des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants cultivent le café dans des conditions inhumaines pour le seul profit d’une poignée de propriétaires.

Le 19e siècle sera marqué par l’introduction du café dans toutes les régions tropicales, jusqu’en Australie.

Les premiers amateurs

Au milieu du 16e siècle, on a déjà coutume de boire du café en Égypte, en Syrie, en Perse ou en Turquie. Cela commence par des colporteurs qui proposent du café aux passants, puis on trouve des débits de café dans les villes de Médine, le Caire, Bagdad, Alexandrie, Damas et Istanbul. On sait qu’en 1555, deux syriens, un alépin et un damascain, nommés Shems et Heleem ouvrent dans le quartier de Talchtacalah le premier débit de café d’Istanbul, deux petites maisons de café à l’image de celles qui existent dans leur lointaine patrie et ils se mettent à vendre du café préparé à la mode de leur pays.

Leurs premiers clients, des érudits et des poètes du voisinage auxquels se mêlent volontiers quelques joueurs d’échecs, sont littéralement séduits par cette nouvelle boisson. La renommée de celle-ci franchit rapidement les limites du quartier et, très vite, les deux commerçants connaissent un succès qui dépasse, de très loin, leurs plus folles espérances. On fait la queue chez eux, du matin au soir, pour goûter ce breuvage étonnant, si parfumé, qui rend euphoriques les plus taciturnes et qui réveille les plus apathiques. Les deux seuls cafés publics d’Istanbul ne désemplissent pas et bientôt ils ne suffisent plus à contenter les amateurs, chaque jour plus nombreux. En quelques années, la ville comptera plusieurs centaines de café.

C’est à l’ambassadeur de Venise à Istanbul, Gian Francesco Morosini, que l’on doit, en 1585, le premier rapport sur la consommation du café. Les Turcs, raconte-t-il, ont l’habitude de ” boire dans les lieux publics et même dans la rue un liquide noirâtre, brûlant, extrait d’une plante qu’ils appellent ” cafetier ” et qui a la propriété de tenir éveillé ”

Au début du 17e siècle, Piero Foscarini décrit, non sans une certaine ironie, les cafés d’Istanbul comme ” des lieux où s’agglomère une foule d’oisifs et de bavards velléitaires qui n’ont d’autre occupation que de consommer, de jouer aux cartes ou aux échecs et de médire sans fin, une pipe à la main, contre le gouvernement, ses ministres et même contre le Grand Turc… ” A la même époque, les guerriers turcs de Soliman le Magnifique, à l’apogée de sa gloire, font connaître leur boisson aux peuples des Balkans, d’Europe Centrale, d’Afrique du nord et d’Espagne, au fil des conquêtes.

Diffusion en Occident

Au milieu du 16e siècle, le café part de Turquie à la conquête de l’Europe. Grâce aux récits des explorateurs et aux produits exotiques qu’ils rapportent, l’Europe de la Renaissance s’initie au ” vin d’Arabie “. Le premier européen qui décrit précisément le café est le directeur du Jardin des Plantes de Padoue, le docteur Prosper Alpin qui publie en 1592 Plantes d’Egypte. Il conseille une décoction de café pour lutter contre la ” froideur ” de l’estomac et toutes sortes troubles digestifs : engorgement du foie ou de la rate, constipation, douleurs diverses ; censé ” nettoyer ” les organes internes, ce mystérieux caoua était aussi considéré comme souverain dans les cas d’inflammation de la matrice. La même année, le Hollandais Cornélius Bonte Koe, médecin à la cour de Berlin, établit la liste des indications thérapeutiques du café que l’on appelle caova et que l’on ne trouve que chez certains apothicaires. Pietro Della Valle, vénitien qui voyagea longuement en Orient au début du 17e siècle, écrit en 1614 : ” Les Turcs ont une boisson de couleur noire qui rafraîchit quand on la boit l’été et réchauffe en hiver : elle est pourtant toujours la même et se boit chaude, à petite gorgées, en dehors des repas, pour le plaisir de la compagnie et de la conversation. Pour la préparer, il faut un bon feu et une multitude de petits gobelets remplis de cette denrée ; des hommes sont là qui ne font rien d’autre que servir les gobelets à toute l’assistance et distribuer des pépins de courge, pour aider à passer le temps. ”

C’est à Venise que le café fait sa première apparition en 1604. Jusqu’au 17e siècle, le café n’est, on l’a vu qu’une curiosité réservée à l’entourage des quelques voyageurs qui en rapportent d’Orient. Dans la première moitié du 17e siècle, la boisson est connue à Marseille sans qu’il y ait de transactions sur les grains de café. Puis, la consommation s’étend à l’Italie, la France, l’Angleterre et l’Allemagne. En 1644, un navire d’Alexandrie débarque sa marchandise à Marseille où s’ouvre, 10 ans plus tard, le premier café public. Vers 1669, le sultan ottoman Mehmed IV envoie un ambassadeur de l’empire ottoman à Paris, Soliman Aga, qui reçoit dans une débauche de luxe et propose du café à ses hôtes et la boisson conquiert la cour. Tout le monde semble conquis par le café, que l’on trouve au début amer, mais que l’on apprécie avec un morceau de sucre. Tout le monde, sauf Louis XIV qui préfère le chocolat. Cependant en 1713, le roi confie à Antoine de Jussieu, conservateur du Jardin des Plantes à Paris, quatre caféiers offerts par le bourgmestre d’Amsterdam en gage de paix, lors de la signature du traité d’Utrecht entre les deux pays.

Lorsque Soliman quitte Paris, il laisse derrière lui le souvenir d’une hospitalité raffinée et le goût de cette étrange boisson orientale. Désormais, les sacs de café arriveront toujours plus nombreux à Marseille, dans les cales des vaisseaux en provenance d’Orient.

Il faut pourtant encore bien des années pour que l’usage du café s’étende à des couches, plus larges de la population. Divers conflits d’intérêt en freinent la diffusion : les producteurs de vin, par exemple, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de ce concurrent. De plus, des rumeurs circulent à propos des effets néfastes du café sur la santé, et tout particulièrement sur la virilité. Cette fâcheuse réputation, propagée par certains médecins de l’époque, en particulier en France, devait poursuivre longtemps le café, et à travers toute l’Europe.

Le roi Louis XV a une passion du café qui le pousse jusqu’à cultiver à Versailles des caféiers en serre. Il cueille et torréfie lui-même les fèves puis les passe au moulin. Son plus grand plaisir est d’apparaître au salon, cafetière à la main, pour servir ses intimes. Rappelons que lorsque Madame du Barry s’écrit un jour : ” Hé ! la France, ton café fout le camp !… ” elle ne s’adresse pas au roi mais bien à un valet appelé La France !

L’histoire du café viennois

Alors que Vienne est une nouvelle fois assiégée par les Turcs en 1683, un jeune noble polonais du nom de Franz Goerg Kolschitzky, âgé de 23 ans, entre en scène. Ayant vécu à Istanbul pendant dix ans et parlant le turc, il offre ses services pour tenter de traverser les lignes ottomanes. Il réussit à passer et fournit à Charles de Lorraine tout ce qu’il veut savoir sur les assiégeants et les assiégés. Fort de ces informations, l’Archiduc attaque les Turcs et les met en déroute. En fuyant, ces derniers abandonnent canons, munitions et provisions, parmi lesquelles se trouvent cinq cents sacs de café. Kolschitzky est fêté comme un héros et décoré. On lui offre la nationalité autrichienne, les cinq cents sacs de précieux grains et l’autorisation d’ouvrir un débit de café. C’est le ” Zur Blauen Flasche ” (la Bouteille Bleue).Il y prépare le café comme il l’a appris à Istanbul, ” à la turque “, en une décoction de bouillie à l’eau. Les Viennois n’apprécient pas et ses affaires vont mal. Kolschitzky a alors l’idée de filtrer son café, d’y ajouter une cuillère de crème fouettée et une cuillère de miel. Le succès est immédiat. L’établissement ne désemplit plus. d’autant plus que sur sa lancée, Kolschitzky accumule les initiatives pour relancer l’intérêt de ses clients. Il propose de la musique classique, le dimanche, et la presse tous les matins,(aujourd’hui encore les cafés de Vienne mettent les journaux du jour à disposition de leurs clients). Il popularise également une viennoiserie célébrant sur la victoire sur les Ottomans : le fameux kipfel ou croissant, dont la forme rappelle le croissant turc.

Vienne compte d’autres cafés célèbres comme le Herrenhof et l’Impérial appréciés de Brahms et Mahler, le Central où Trotski jouait aux échecs et le Sacher qui a donné son nom au fameux gâteau au chocolat que l’on sert toujours.

Cafés célèbres

Les premiers cafés européens sont ouverts par des Orientaux, comme celui ouvert à Oxford, en Angleterre en 1650 par Jacob, un juif hollandais. En Europe continentale, le Hoppe, qui existe encore, est créé à Amsterdam. En France, en 1669, un arménien, Pascal Haroukian, connu sous le nom de Pascal, ouvre à Marseille un café où l’on vend aujourd’hui des breuvages à base de mélanges. Trois ans plus tard, en 1762 il transforme en ” boutique à caoua (à 6 deniers la tasse), l’une des 140 échoppes de la foire Saint Germain. En 1673, c’est au tour de l’Allemagne grâce à un Hollandais, Jan Danz qui ouvre une boutique à Brême, tandis que les Italiens attendent 1683 pour se rendre dans celui aménagé sous les arcades des Procuraties de Venise. C’est encore un arménien, Johannes Diodato qui inaugure le premier café de Vienne en 1685.

En 1685, un certain Edward Lloyd ouvre un débit de café sur Tower Street à Londres. Son fils transfère l’établissement au 16 Lombard Street, tout près du Stock Exchange, le centre du commerce maritime anglais. Très vite, armateurs, marins, boursiers, avocats, assureurs deviennent des fidèles de ce nouveau café. C’est le début de l’aventure de la Lloyd’s. Aujourd’hui, le café a disparu, mais la Lloyd’s est devenue la plus grande compagnie d’assurance et de réassurance du monde.

En France, parmi les cafés célèbres on peut citer le Procope et le Café de Foy où Camille Desmoulins pousse le peuple en colère à prendre les armes, discours qui déclenchera la Révolution française. Sous les arcades du Palais Royal, d’autres grands café ont ouvert comme le Café de la Rotonde, le Café de Chartres (futur Grand Véfour) fréquenté par Murat et Lamartine, ou le Régence (créé en 1688), où le jeune Bonaparte dispute de fameuses parties d’échecs, bien longtemps avant que Lénine n’y rencontre Karl Marx. Paris compte 33 cafés au début du 18e siècle (3 000 en 1850, 15 000 de nos jours). Une mode qui fait dire à l’abbé Galiani que ” Paris est le café de l’Europe “.

A Venise, Le Florian (1720) accueille Casanova, Goethe et plus tard, Musset, Dickens ou Proust, tandis que le Quadri , en face, ouvre ses portess à Lord Byron, Wagner, Cocteau et Dali. A Rome, le Greco (créé en 1760) accueille Chateaubriand, Mendelsshon, Listz et Stendhal.

Aux Etats-Unis, la City Tavern (actuellement la Fraunces Tavern) située dans la New Amsterdam, la future Manhattan, ouvre en 1643. La même année, dans le même quartier est crée la Burn’s Coffehouse, futur siège de l’association Liberty Boys à l’origine de l’indépendance des Etats-Unis.

Au début du 20e siècle, en France, ce sont les cafés de Montparnasse accueillent artistes et intellectuels : Apollinaire, Breton, Hemingway, Picasso ou Modigliani se retrouvent aau Dôme ou à La Coupole. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Juliette Greco et Boris Vian se voient au Café de Flore, Jean-Paul Sartre aux Deux-Magots.

Les interdits

Le café n’a pas toujours eu la vie facile. Partout sur son chemin, il rencontre des embûches de taille freinant l’expansion de son commerce. La consommation de café est assez répandue à la Mecque, dès1511, pour que le problème de son autorisation se pose. Khâ’ir Bek, inspecteur des marchés au nom des Mamelouks, réunit les principaux `ulamâ’, apporte un récipient rempli de café et leur demande leur avis sur le café et sur les réunions au cours desquelles il est consommé. Les `ulamâ’ condamnent ces réunions où on refait le monde, mais demandent un avis autorisé sur la nocivité éventuelle du café lui-même. Deux docteurs assurent que le café est de nature froide et sèche, et nuisible pour le tempérament humain. Pourtant d’autres médecins le considèrent comme un médicament au pouvoir laxatif et diurétique, qui soigne aussi bien rhume que toux, rougeole ou variole. Les juristes concluent que le café, boisson enivrante est interdit et Khâ’ir Bek prend des dispositions pour faire brûler le café dans les rues de la Mecque et punir ceux qui le vendent ou le consomment. Mais en dépit de cette condamnation, et de sa fréquente confirmation ultérieure (en 1544 en particulier), le café s’impose.

A Istanbul, les nouveaux établissements connaissent eux aussi une vogue extraordinaire mais ce succès même attire l’attention des autorités. En haut lieu on commence à s’inquiéter car on a remarqué le comportement bizarre de ceux qui fréquentent toutes ces maisons de café : au lieu d’attendre l’heure de la prière en somnolant près du porche des mosquées comme ils l’ont toujours fait, les hommes passent maintenant la plus grande partie de la journée à déguster du café et pour un peu ils en oublieraient l’heure de la prière. Les imams critiquent vivement ces mauvaises manières et n’attendent qu’un prétexte pour pouvoir intervenir.

Les dévots se démènent et multiplient à leur tour les attaques contre le café. Ils finissent par accuser celui-ci d’être une espèce de charbon, or disent-ils ” tout ce qui a rapport au charbon est défendu par la Loi. ” Ils en appellent au grand mufti et celui-ci déclare sans hésiter que le café est en effet défendu par l’Islam. Tous les établissements publics sont donc fermés et cette boisson est désormais interdite à Istanbul. On espère ainsi ramener à la raison les malheureux égarés. Mais tous résistent et dès lors, commerçants et consommateurs s’unissent de leur mieux pour tourner la loi. Rien ne fait reculer les fraudeurs, pas plus les amendes que les châtiments corporels et cependant ceux qui sont pris en flagrant délit de désobéissance reçoivent quatre-vingt cinq coups de bâton. Devant cette obstination imprévue et très inquiétante le gouverneur adopte une nouvelle attitude et il fait habilement marche arrière pour calmer les esprits dangereusement échauffés. Dans un premier temps, les officiers de police font donc savoir à la population qu’il est à nouveau permis de boire du café… mais seulement chez soi, toutes portes closes ou à la rigueur à l’abri des regards dans quelques arrière-boutiques. Puis ils laissent les cafés publics rouvrir leurs portes, les uns après les autres, jusqu’au jour où un nouveau mufti annonce officiellement que ” boire du café n’est pas défendu par la Loi. ”

A Rome, vers 1600, le café que l’on considère comme un élément de la ” menace infidèle ” puisqu’il est la boisson préférée des Turcs ottomans. est considéré comme satanique et on interdit aux chrétiens de boire cette ” boisson sobre de l’Islam qui nous vient du diable “, estimant que ce dernier a offert le café aux musulmans comme succédané du vin, boisson sanctifiée par le Christ, interdite aux musulmans . Il a fallu que le pape de l’époque, Clément VIII, finisse par apprécier lui-même les charmes de la boisson pour que l’interdit soit enfin levé. Il décrète après l’avoir goûté que ” l’arôme du café était chose bien trop agréable pour être l’œuvre du Malin et qu’il serait dommage que les musulmans en aient l’exclusivité ”

Dans l’Angleterre du 17e siècle, le café est encore plus populaire que dans le reste de l’Europe. Mais comme ailleurs, le café et les cafés y ont aussi leurs détracteurs. Parmi eux, les femmes. Celles-ci affirment que leurs hommes délaissent leur foyer et leur famille pour les cafés. Elles vont jusqu’à réaliser une pétition célèbre contre le café : Women’s petition against coffee. En 1676, Charles II ordonne la fermeture de tous les cafés. Mais la réaction de la population masculine, le tollé que provoquent ces fermetures l’oblige à renverser sa décision.

De nos jours, certaines sectes, comme les Mormons interdisent la consommation de café.

On le voit, aussi surprenant que cela puisse paraître, le café, à travers les âges, a souvent été perçu comme un instrument du diable, une menace tant religieuse que politique et sociale. Jeux interdits, libertinage, prohibition, discours philosophiques, complots révolutionnaires, nombre de ces lieux seront momentanément fermés et seront dans le collimateur des pouvoirs religieux et politique. Mais malgré les soupçons qui pesaient sur lui, le café a brillamment réussi à s’imposer et, aujourd’hui, sa popularité est plus grande que jamais.

Pénitences

Au 19esiècle, les dirigeants colombiens tentent d’encourager la culture du café, mais ils ne sont pas entendus. Un caféier met cinq ans pour donner sa première récolte. Il faut avoir les moyens de survivre en l’attendant. Francisco Romero, le prêtre d’un petit village, Salzaar, a alors une idée. Au lieu d’infliger quelques Ave Maria et Pater noster à ses ouailles, après la confession, il leur impose comme pénitence de planter trois ou quatre caféiers. L’archevêque apprécie la trouvaille et l’institue en pratique générale. La Colombie doit ainsi l’abondance de ses récoltes aux nombreux pêchés de ses aïeux.

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Writer editor translator curator @ paper.li jeanwadier
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